SMH : trois lettres que les salariés et les employeurs de la métallurgie ont tout intérêt à connaître.
Les salaires minima hiérarchiques, ou SMH, fixent les niveaux minimums de rémunération en fonction de la classification des emplois prévue par la convention collective nationale de la métallurgie.
En 2026, une nouvelle grille s’applique avec des montants revalorisés. Le barème va de 21 980 € brut par an pour la classe A1 à 68 450 € pour la classe I18, sur une base de 35 heures hebdomadaires.
Mais comment savoir quel SMH correspond à un emploi ? Quelle différence entre le SMH et le salaire réellement perçu ? Et que signifient les lettres A à I ?
On vous explique.
SMH signifie Salaire Minimum Hiérarchique.
Il correspond au niveau minimum de rémunération prévu par la convention collective nationale de la métallurgie pour un emploi donné.
Depuis le 1er janvier 2024, la branche dispose d’un système national de classification des emplois et d’une grille nationale de salaires minima.
L’objectif est notamment de disposer d’un cadre commun à l’ensemble des entreprises relevant de la convention collective.
Le principe est relativement simple : chaque emploi reçoit une classification. Cette classification permet ensuite d’identifier le SMH correspondant.
Le salaire minimum applicable ne dépend donc pas uniquement du nom du métier.
Deux emplois portant un intitulé proche peuvent relever de classifications différentes si leurs responsabilités, leur autonomie ou leur complexité ne sont pas identiques.
Un accord sur les salaires minima hiérarchiques a été signé le 20 février 2026 par l’UIMM et plusieurs organisations syndicales représentatives de la métallurgie.
Il prévoit une revalorisation moyenne de 0,86 % de la grille.
L’avenant crée un barème unique des SMH à partir de 2026.
Pour un salarié travaillant 35 heures par semaine sur une base mensualisée de 151,66 heures, le premier niveau de la grille, A1, s’établit à 21 980 € brut annuels.
À l’autre extrémité, le niveau I18 atteint 68 450 € brut annuels.
Ces montants constituent des minima conventionnels. Ils ne représentent donc pas nécessairement la rémunération effectivement versée par l’entreprise.
Voici le barème annuel de base prévu pour une durée hebdomadaire de travail effectif de 35 heures.
Groupe | Classe | SMH annuel brut 2026 |
A | 1 | 21 980 € |
A | 2 | 22 100 € |
B | 3 | 22 710 € |
B | 4 | 23 620 € |
C | 5 | 24 510 € |
C | 6 | 25 780 € |
D | 7 | 26 680 € |
D | 8 | 28 700 € |
E | 9 | 30 760 € |
E | 10 | 33 970 € |
F | 11 | 35 200 €* |
F | 12 | 37 000 €* |
G | 13 | 40 350 € |
G | 14 | 44 250 € |
H | 15 | 47 380 € |
H | 16 | 52 370 € |
I | 17 | 59 720 € |
I | 18 | 68 450 € |
* Une situation particulière est prévue pour les salariés débutants relevant du groupe F pendant leurs six premières années d’expérience professionnelle.
La grille permet de visualiser une progression importante entre les différents niveaux. Mais attention : on ne choisit pas directement son groupe en fonction de son salaire.
Il faut d’abord déterminer la classification de l’emploi.
C’est le point essentiel pour comprendre le système.
La convention collective prévoit 18 classes d’emplois regroupées dans 9 groupes, de A à I.
Pour déterminer la classe, l’emploi est évalué selon six critères :
Chaque critère reçoit un degré. L’addition des points permet de déterminer la classe de l’emploi.
Un emploi classé D8 relève donc du SMH correspondant à la classe 8, soit 28 700 € brut annuels dans la grille 2026 sur la base de 35 heures.
Pour comprendre le mécanisme en détail, consultez notre guide sur la classification métallurgie et les groupes de A à I.
Pas nécessairement.
C’est une distinction importante.
Le SMH représente un minimum conventionnel utilisé pour vérifier le niveau de rémunération correspondant à la classification de l’emploi.
Une entreprise peut naturellement verser une rémunération supérieure.
Le salaire réellement perçu dépend de nombreux facteurs : politique salariale de l’entreprise, expérience, compétences, responsabilités ou encore situation du marché de l’emploi.
Il faut également distinguer le SMH de certains autres éléments de rémunération.
La convention collective précise les éléments pris en compte et ceux qui sont exclus de l’assiette utilisée pour vérifier le respect du minimum hiérarchique.
Non.
La convention collective définit précisément l’assiette de comparaison.
Elle prévoit la prise en compte de nombreux éléments bruts de rémunération et avantages en nature versés en contrepartie ou à l’occasion du travail.
Mais certains éléments sont expressément exclus.
C’est notamment le cas de la prime d’ancienneté, des majorations pour travaux pénibles, dangereux ou insalubres, de certaines contreparties liées à des conditions particulières de travail ou encore de certaines primes exceptionnelles.
L’intéressement, la participation et l’abondement de l’employeur à un plan d’épargne salariale sont également exclus lorsqu’ils n’ont pas le caractère de salaire.
Cette distinction explique pourquoi il ne suffit pas toujours de regarder le montant total apparaissant sur une année pour vérifier le respect du SMH.
La convention collective prévoit une adaptation des SMH pour certains salariés soumis à une convention de forfait.
Le barème 2026 comporte ainsi des colonnes correspondant à des majorations de 15 % et de 30 %.
Par exemple, pour la classe D8 :
Pour la classe I18, les montants atteignent respectivement 68 450 €, 78 718 € et 88 985 €.
L’application du bon montant suppose donc de tenir compte de l’organisation du temps de travail du salarié et des dispositions conventionnelles correspondantes.
C’est une particularité à connaître.
Le barème général des classes F11 et F12 est soumis à une condition particulière de six années d’expérience professionnelle.
Un barème adapté existe donc pour les salariés débutants du groupe F pendant cette période.
Pour la classe F11, par exemple, le minimum de base 35 heures est fixé à 28 430 € pour moins de deux ans d’expérience, puis progresse avec l’expérience professionnelle.
Le mécanisme concerne également la classe F12.
Cette particularité montre pourquoi il peut être risqué de se contenter de lire une seule ligne de la grille sans tenir compte de la situation précise du salarié.
La première étape consiste à connaître la classification de l’emploi.
Elle doit permettre d’identifier un groupe et une classe, par exemple C6, D8 ou G13.
Il faut ensuite consulter le barème applicable pour l’année concernée.
Enfin, il convient de prendre en compte la durée du travail, un éventuel forfait et les règles spécifiques pouvant concerner la situation.
Pour une entreprise, cette vérification doit faire partie du suivi régulier de la politique de rémunération.
Une évolution importante des missions ou des responsabilités peut également conduire à réexaminer la description et la classification de l’emploi.
Le sujet ne concerne pas uniquement le bulletin de salaire.
Les SMH constituent un élément important de la politique RH.
Ils permettent aux entreprises de disposer d’un cadre conventionnel commun et de vérifier leurs niveaux minimums de rémunération.
Mais le salaire constitue aussi un levier d’attractivité.
Dans des métiers industriels où certaines compétences sont recherchées, respecter le minimum conventionnel constitue évidemment un point de départ. Les entreprises peuvent ensuite construire leur propre politique de rémunération et de fidélisation.
Primes, évolution professionnelle, formation, intéressement ou avantages peuvent compléter cette politique.
Quatre chiffres permettent de résumer la grille 2026 :
0,86 % : la revalorisation moyenne annoncée de la grille.
18 : le nombre de classes d’emplois.
21 980 € : le SMH annuel brut de base de la classe A1.
68 450 € : le SMH annuel brut de base de la classe I18.
Entre ces deux extrêmes, chaque emploi trouve sa place en fonction de sa classification.
SMH signifie Salaire Minimum Hiérarchique. Il s’agit du minimum conventionnel associé à la classification d’un emploi dans la métallurgie.
Pour la grille générale sur une base de 35 heures hebdomadaires, le premier niveau A1 est fixé à 21 980 € brut annuels en 2026.
Le SMH annuel brut de base correspondant à la classe D8 est fixé à 28 700 € pour une durée hebdomadaire de travail effectif de 35 heures.
La classification permet de déterminer le groupe et la classe d’un emploi. Le SMH correspond ensuite au salaire minimum hiérarchique associé à cette classe.
La prime d’ancienneté prévue par la convention collective est exclue de l’assiette de comparaison utilisée pour vérifier le respect du salaire minimum hiérarchique.
Classification, calcul du minimum applicable, forfait, éléments de rémunération à prendre en compte… certaines situations nécessitent une analyse plus précise.
Les entreprises adhérentes peuvent solliciter la Plateforme juridique de l’UIMM Côte d’Azur et Corse pour être accompagnées dans l’application de la convention collective nationale de la métallurgie.
Les informations présentées dans cet article ont une vocation générale et informative. L’application de la convention collective de la métallurgie peut varier selon la situation du salarié, l’emploi occupé et les dispositions applicables dans l’entreprise.
En cas de doute sur votre classification, votre rémunération ou l’interprétation d’une disposition conventionnelle, rapprochez-vous de votre employeur, de votre service RH ou de votre organisation syndicale afin de vérifier votre situation.
Les entreprises adhérentes à l’UIMM Côte d’Azur et Corse peuvent également solliciter la Plateforme juridique de l’UIMM pour être accompagnées dans l’application de la convention collective.