La réindustrialisation n’est plus un débat théorique : elle est une nécessité stratégique, économique et territoriale.
Elle se construit depuis les territoires. Là où l’on produit, où l’on recrute, où l’on loge et où l’on aménage.
Dans les Alpes-Maritimes, l’industrie représente plus de 31 000 emplois salariés et plus de 2 200 établissements. Elle constitue un socle d’emplois qualifiés, de compétences et d’innovation. Mais produire ne suffit plus. Réindustrialiser, c’est organiser les conditions d’accueil : foncier économique, logement des actifs, mobilité, aménagement équilibré.
L’attractivité sans capacité d’accueil devient un problème.
La vraie question n’est plus : faut-il réindustrialiser ? Elle est : sommes-nous prêts, localement, à en assumer les conséquences ? Car réindustrialiser, ce n’est pas seulement créer des usines. C’est créer de l’emploi qualifié, former les compétences, aménager des zones d’activité, construire des logements accessibles et organiser les mobilités.
Territoires d’Industrie : une stratégie d’État… mais territoriale
Le programme Territoires d’Industrie, lancé en 2018 et renforcé en 2023, repose sur une idée forte : La reconquête industrielle passe par les territoires.
Territoires d’Industrie, c’est une méthode fondée sur :
Une gouvernance locale associant industriels, élus et État,
Déficit de logements dans les territoires dynamiques économiquement et/ou démographiquement,
Inadéquation entre production immobilière et besoins des actifs industriels dans les territoires touristiques,
Rareté du foncier dans les territoires denses du littoral ainsi que dans la moyenne et haute-montagne,
Contraintes géographiques majeures.
Autrement dit : La politique industrielle devient une politique d’aménagement territorial au service de l’Industrie.
Deux Territoires d’Industrie : deux moteurs sous tension
a) Grasse – Cannes – Sophia Antipolis (CAPAZUR)
Sophia Antipolis constitue un écosystème de tout premier plan :
2 500 entreprises,
38 000 salariés,
4 500 chercheurs,
5 000 étudiants,
Près de 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Le bassin grassois représente plus de 3 000 emplois dans la filière arômes-parfums-cosmétiques. Mais le territoire est sous tension : pression foncière élevée, 30 % de résidences secondaires, production immobilière orientée vers le haut de gamme, saturation des mobilités.
La question n’est donc pas la dynamique économique. La question est : Peut-on absorber cette dynamique ?
b) Métropole Nice Côte d’Azur – CARF (communauté d’agglomération de la Riviera Française)
Ce territoire présente un profil stratégique et diversifié : santé, pharmaceutique, équipements industriels, industrie 4.0, transition écologique et mobilités innovantes.Près de 15 000 emplois industriels sont concentrés dans des établissements de plus de 100 salariés. Pourtant, le marché immobilier révèle un paradoxe :
21 % de résidences secondaires,
20 % des résidences principales de moins de 40 m²,
10 % de taux de vacance.
Nous construisons, mais pas forcément pour ceux qui produisent.
Le logement : condition de la compétitivité industrielle
1. Grasse – Cannes – Sophia
13 000 à 20 000 logements nécessaires d’ici 2030,
2 650 liés à la réindustrialisation,
Production actuelle : environ 1 675 logements/an.
2.Métropole Nice Côte d’Azur et CARF
8 000 à 20 000 logements nécessaires d’ici 2030,
1 000 liés à la réindustrialisation.
Sans stratégie volontariste, nous risquons de recréer des emplois sans pouvoir loger les salariés.
Industrie & BTP : une alliance structurante
L’industrie azuréenne est un socle : plus de 31 000 emplois salariés, et une part importante concentrée dans des sites structurants – près de 15 000 emplois dans des établissements de 100 salariés ou plus.
C’est aussi une dynamique : plus de 1 100 créations d’entreprises industrielles en 2024. Autrement dit : si on bloque le foncier, les mobilités ou le logement, on ne bloque pas “un secteur”, on bloque un moteur territorial.
Derrière chaque usine, il faut un bâtiment, des infrastructures et des logements. On ne peut plus dissocier politique industrielle et politique du logement.
Chaque implantation industrielle pose désormais trois questions fondamentales :
Où produire ?
Où loger ?
Comment se déplacer ?
Et derrière chaque usine qui s’implante, derrière chaque extension d’atelier, derrière chaque recrutement, il y a une réalité très simple : Il faut construire.
Construire des bâtiments industriels. Construire des infrastructures. Construire des logements adaptés. Construire de la mobilité douce.
La réussite des Territoires d’Industrie dépend donc directement de notre capacité collective à :
Libérer du foncier,
Accélérer les procédures,
Adapter la production de logements,
Articuler systématiquement urbanisme et industrie.
« Derrière chaque usine qui s’implante, chaque entreprise qui se développe, il y a une question très simple :
où vont vivre les salariés ?
où vont s’implanter les activités ? qui va construire ? »
Sans construction adaptée, il n’y a pas d’accueil des entreprises. Sans logements pour actifs, il n’y a pas de recrutement durable. Sans vision foncière, il n’y a pas d’implantation industrielle. où vont s’implanter les activités ? qui va construire ?
L’industrie crée la dynamique – Le BTP crée les conditions matérielles de sa réussite.
Nos priorités
Mobiliser les friches et le foncier public,
Réorienter la production vers les besoins des actifs,
Simplifier et sécuriser les procédures,
Articuler systématiquement urbanisme et industrie,
Déployer des solutions innovantes et mixtes,
L’avenir industriel des Alpes-Maritimes dépend de notre capacité à dégager du foncier, construire des locaux industriels et proposer des logements adaptés aux futurs collaborateurs du secteur industriel.