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Industrie française : produire, investir et recruter au cœur des priorités de l’UIMM

Comment permettre à l’industrie française de continuer à produire, investir et recruter ? À l’occasion de la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF), Éric Trappier, président de l’UIMM, a défendu plusieurs priorités pour redonner de l’élan aux entreprises industrielles.

Invité de BFM Business le 26 août 2026, il a notamment insisté sur la simplification, la stabilité fiscale et la nécessité de soutenir l’emploi et la formation.

Derrière ces sujets se trouve un même enjeu : recréer en France un environnement favorable à l’industrie et à l’investissement.

Réindustrialiser la France nécessite de permettre aux entreprises d’investir

La réindustrialisation occupe depuis plusieurs années une place importante dans le débat économique français. Mais ouvrir de nouvelles usines ne suffit pas.

Pour Éric Trappier, il faut avant tout créer les conditions permettant aux entreprises de produire, d’investir et de recruter durablement en France.

Cette question concerne directement les industriels. Une entreprise qui investit dans une nouvelle ligne de production, un bâtiment ou de nouveaux équipements engage souvent des capitaux importants sur plusieurs années.

Elle a donc besoin de visibilité.

Les changements réglementaires ou fiscaux trop fréquents peuvent, au contraire, ralentir certaines décisions. Ils peuvent également réduire la capacité des entreprises à anticiper leurs investissements.

La réindustrialisation repose ainsi sur un élément essentiel : la confiance.

Simplification : aller aussi vite pour simplifier que pour réglementer

Éric Trappier a résumé le problème avec une formule particulièrement parlante : « on va à la vitesse du TGV pour normer et à la vitesse de l’omnibus pour simplifier ».

Au-delà de la formule, le président de l’UIMM pointe un sujet quotidien pour de nombreux dirigeants : l’accumulation des contraintes administratives et réglementaires.

Les entreprises industrielles doivent naturellement respecter des règles concernant la sécurité, l’environnement, le travail ou encore leurs activités économiques.

Mais la multiplication et la complexité des procédures peuvent également mobiliser du temps et des ressources.

Pour une PME industrielle, ce temps administratif n’est pas neutre. Il peut détourner des moyens qui pourraient être consacrés à la production, au développement commercial, à l’innovation ou au recrutement.

Simplifier ne signifie donc pas supprimer toute réglementation. L’enjeu consiste plutôt à rendre les règles plus lisibles, plus stables et plus faciles à appliquer.

Budget 2027 : les industriels ont besoin de stabilité fiscale

La fiscalité constitue un autre point majeur de la prise de parole d’Éric Trappier.

À l’approche des discussions autour du budget 2027, le président de l’UIMM appelle à préserver la stabilité et la visibilité dont les entreprises ont besoin.

Pour un industriel, une décision d’investissement se prépare parfois plusieurs années à l’avance.

Acheter une machine, agrandir une usine ou développer un nouveau produit suppose de réaliser des projections financières. Une entreprise doit pouvoir estimer ses coûts et la rentabilité future de son projet.

Une fiscalité qui change trop rapidement complique naturellement cet exercice.

Éric Trappier insiste donc sur la nécessité de respecter les engagements pris en matière fiscale.

Cette visibilité constitue un élément important de la compétitivité française. Elle peut peser dans les arbitrages lorsqu’un groupe choisit le pays dans lequel il réalisera son prochain investissement industriel.

Produire en France passe aussi par la compétitivité

La réindustrialisation ne dépend toutefois pas uniquement de la réglementation.

Produire en France signifie également être capable de rester compétitif face à des entreprises implantées dans d’autres pays européens ou dans le reste du monde.

Les industriels doivent composer avec le coût de l’énergie, du travail, des matières premières, de la réglementation et de leurs investissements.

Ces différents paramètres influencent directement leur capacité à produire sur le territoire.

La compétitivité ne doit pourtant pas se résumer à une simple question de coûts.

L’industrie française dispose aussi de nombreux atouts : des compétences techniques, des savoir-faire reconnus, des infrastructures, des capacités d’innovation et des filières industrielles structurées.

Préserver ces atouts tout en réduisant les freins à l’investissement constitue donc l’un des grands enjeux des prochaines années.

Recruter reste l’un des grands défis de l’industrie

Il est difficile de parler de réindustrialisation sans parler d’emploi.

Car une usine peut disposer des meilleures machines du marché : elle a toujours besoin de femmes et d’hommes pour fonctionner.

Lors de son intervention, Éric Trappier a donc également insisté sur l’emploi, la formation et l’apprentissage.

De nombreuses entreprises industrielles rencontrent encore des difficultés pour recruter certains profils.

Techniciens de maintenance, usineurs, chaudronniers, soudeurs, ingénieurs, automaticiens ou spécialistes du numérique industriel font notamment partie des compétences recherchées par les entreprises.

Pour aller plus loin, découvrez les métiers de l’industrie qui recrutent en 2026 et les compétences particulièrement recherchées par les entreprises.

Le défi est double.

Il faut former davantage de jeunes aux métiers industriels. Mais il faut également mieux faire connaître ces métiers, leurs évolutions et les perspectives professionnelles qu’ils offrent.

L’industrie d’aujourd’hui est très différente de l’image que l’on peut parfois encore en avoir. Robotisation, intelligence artificielle, numérique, transition énergétique ou nouveaux matériaux transforment rapidement les métiers. Pour mieux comprendre cette transformation, découvrez ce qu’est l’industrie aujourd’hui, ses secteurs et ses métiers.

L’apprentissage, un levier stratégique pour préparer les compétences

Dans ce contexte, l’apprentissage joue un rôle particulièrement important.

Il permet aux jeunes d’acquérir une formation tout en découvrant concrètement le fonctionnement d’une entreprise.

Pour les industriels, il constitue aussi un moyen de préparer les compétences dont ils auront besoin demain.

L’apprentissage crée ainsi un lien direct entre formation et emploi. 

Sur notre territoire, cette voie constitue également une porte d’entrée privilégiée vers les métiers industriels. Découvrez comment trouver une alternance dans l’industrie sur la Côte d’Azur.

C’est pourquoi les politiques concernant son financement intéressent particulièrement les entreprises industrielles.

Réindustrialiser la France sans préparer simultanément les compétences nécessaires serait en effet paradoxal. Construire une usine ou moderniser un site ne suffit pas si les entreprises ne trouvent pas les personnes capables d’y travailler.

Formation, orientation et attractivité des métiers industriels font donc pleinement partie de la politique de réindustrialisation.

Réindustrialisation : un enjeu également important pour la Côte d’Azur

Ces problématiques nationales trouvent naturellement un écho sur notre territoire.

La Côte d’Azur accueille un tissu industriel diversifié composé de PME, d’ETI, de grands groupes et de sous-traitants.

Aéronautique, spatial, électronique, énergie, numérique, mécanique ou encore industries liées aux technologies de pointe participent à cette dynamique.

Ces entreprises doivent elles aussi investir, recruter et développer leurs compétences pour rester compétitives.

Pour l’UIMM Côte d’Azur, accompagner les industriels signifie donc agir sur plusieurs fronts : droit social, emploi et formation, attractivité des métiers, accompagnement RH ou encore développement des compétences. 

La réindustrialisation se décide au niveau national, mais elle se construit surtout dans les territoires.

Donner aux industriels les moyens de préparer l’avenir

À travers cette prise de parole, Éric Trappier défend finalement une ligne claire : une politique industrielle efficace doit s’inscrire dans la durée.

Les entreprises ont besoin de règles compréhensibles. Elles ont besoin de stabilité fiscale. Elles doivent pouvoir recruter les compétences nécessaires et conserver suffisamment de visibilité pour investir.

Ces conditions ne garantissent pas à elles seules la réindustrialisation de la France.

Mais sans elles, la tâche devient beaucoup plus difficile.

Produire davantage en France suppose donc de redonner de la visibilité à celles et ceux qui prennent chaque jour le risque d’investir, de développer une activité et de créer des emplois industriels.

Une ambition qui concerne directement les entreprises de la métallurgie et, plus largement, l’ensemble de notre tissu industriel.